Les Renouées du Japon et de Sakhaline


Trois espèces recensées sur les Gardons :
La renouée du Japon (Reynoutria japonica),
La renouée de Sachaline (Reynoutria sachalinensis),
L'hybride des 2 espèces, la renouée de bohème (Reynoutria x-bohemica).
Malgré quelques différences morphologiques, elles se ressemblent globalement, ont des biologies comparables et des modes de gestion similaires. Elles ne sont donc pas différenciées dans les lignes qui suivent.

Reconnaissance :

Espèce pérenne herbacée jusqu’à 3 m de hauteur, avec un réseau souterrain très important de rhizomes.
Tige : creuse, comporte des noeuds comme un bambou. Rouge au printemps, elle tourne au vert strié de rouge durant l’été et, en se lignifiant peu à peu, au brun-orange en automne.
Feuilles : de 7 à 14 cm (jusqu’à 18 cm) de longueur, de 8 cm de largeur en moyenne (jusqu’à 13 cm), largement ovales, rétrécies en pointe à l’extrémité et brusquement tronquées à la base.
Fleurs : blanc-crème en panicules de 8 à 12 cm de longueur. Plante gynodioïque (plantes femelles avec fleurs mâles avortées). Les plantes mâles sont rares, la plupart des clones sont constitués de plantes femelles.

Photos et faux semblants :


Tiges, feuilles et fleurs de renouée du Japon.


Massif isolé et jeune pousse de renouée du Japon.



Répartition :







Origine et introduction en France :


Les renouées asiatiques sont originaires d’Asie Orientale. Introduite volontairement en Europe en 1825 comme plante fourragère et ornementale, elles se sont naturalisées en Europe à la fin du 19ème siècle et ont rapidement colonisé les friches et les zones naturelles vers le milieu du 20ème siècle.

Milieux colonisés, présence sur les Gardons :


Les renouées asiatiques peuvent s'adapter à tous types de milieux terrestres (friches, milieux forestiers, prairies,...); elles préfèreront toutefois les milieux frais.
Les bords de cours d'eau sont particulièrement attractifs. La dissémination par fragments de rhizomes arrachés lors des crues accentue très fortement la vitesse de colonisation d'amont en aval.
La colonisation d'aval en amont est également régulièrement observée à l'occasion de transport de terre contaminées (travaux de terrassement, décharge sauvage, rejet de déchets verts,...).

Sur les Gardons, les Cévennes jusqu'à Vézénobres sont très largement concernés et la situation y est majoritairement irréversible. Le Gardon d'Alès fait localement exception en amont du Collet de Dèze et en aval d'Alès.
Dans la Gardonnenque et sur le Bas Gardons, l'implantation est moindre et des travaux sont entrepris lorsque c'est possible.
Les affluents -hors Cévennes- ne sont pas encore concernés par cette espèce : toute observation de cette plante sur un affluent doit nous être transmise, via ce site internet. Merci !

Problèmes posés :


  • Impact sur la stabilité des berge : Elle favorise les sapements de berges car son système racinaire est peu développé en dehors des rhizomes, et en hiver, la partie aérienne meurt et laisse les rives à nu, soumises à l’érosion.
  • Impact sur la flore autochtone : Dans des milieux qui lui sont favorables, elle peut éliminer pratiquement toutes les autres espèces grâce aux substances toxiques qu’elle secrète, à son rythme de croissance élevé et à son feuillage abondant, créant un ombrage inhospitalier.
  • Impact sur la diversité : Elle diminue la diversité physique (habitats) provoquant une baisse de la diversité écologique des milieux. De plus, les animaux (oiseaux, petits mammifères…) ne fréquentent pas les massifs denses de renouées.
  • Impact sur le paysage : Les grands massifs de renouée sont synonymes d’uniformisation du paysage. En période hivernale, quand les tiges sont sèches, elles constituent pour le riverain une disgrâce paysagère.
  • Impact sur les activités humaines : Sur les secteurs à forte densité, elle rend l’accès et la circulation sur les berges des cours d’eau difficiles et peut gêner la visibilité sur les routes.
  • Impact sur les inondations: Les bancs de graviers très fortement couverts par cette espèce ne peuvent plus être correctement dévégétalisés. Le maintien d'une section d'écoulement optimale en lit moyen peut-être compromise.

Méthodes de régulation :


Il n'existe actuellement aucune méthode totalement satisfaisante. Néanmoins, la recherche se poursuit et permet aujourd'hui d'identifier certaines techniques telles que le fauchage (très) fréquent, l'arrachage manuel fréquent, l'extraction ou "broyage-bâchage" des rhizomes,...). Chaque technique doit être étudiée et adaptée au regard des mattes de renouée à gérer, il n'est donc pas intéressant de les détailler ici et nous vous invitons à nous contacter pour plus de détails.

Comme pour la plupart des espèces invasives, plus une action de gestion est mise en oeuvre rapidement, plus elle est efficace.

L'action du SMAGE des Gardons :

Des travaux d'arrachages manuels sont organisés sur des secteurs difficiles d'accès, comme à la Grand'Combe.
Des travaux mécaniques sont mis en oeuvre depuis 2010 sur les Gardon d'Alès et la Gardonnenque (très ponctuellement sur le Gardon de Saint Croix Vallée Française).
La surveillance des cours d'eau non colonisés est en place mais ne sera pleinement efficace qu'avec la remontée d'information de tous les observateurs de la rivière (agriculteurs, pêcheurs, promeneurs, loisirs nautiques,...).

Liens externes :


Site francophone dédié aux renouées du Japon
Reynoutria japonica sur le site de la Fédération des Conservatoires Botaniques Nationaux


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